Remède à la solastalgie

Éprouver de la solastalgie c’est avoir le mal du pays sans avoir bougé de chez soi. C’est avoir cette impression que le paysage que l’on connait, celui sur lequel on s’est construit, nous tourne le dos et s’éloigne. Ne plus reconnaître son environnement parce que celui-ci change trop rapidement.
Comment faire avec cette terrifiante nécessité d’interroger notre vision du monde, de remettre en perspective la manière que l’on a de l’habiter ? Ce monde connu qui se mute en inconnu… C’est une sublime et effrayante opportunité de repenser les relations qu’on entretient avec lui.

Dans cette performance je fais une hypothèse : nous serions tous solastalgique ou le deviendrions un jour. Cette recherche du remède, d’une pharmacopée commune, je l’ai effectuée en concertation. Je suis allé à la rencontre de quelques personnes choisies, habitant·e·s des territoires où j’ai posé mes valises, mais aussi chercheuses et chercheurs, fonctionnaires territoriaux ou élu·e·s. J’ai recueilli leurs impressions, leurs connaissances sur « leur environnement qui change ». Maintenant il s’agit de restituer sur scène la carte sensible de ces mouvements, physiques ou mentaux, de tisser d’autres mots avec les miens et transformer l’élément scientifique en poésie documentée.

Cette exploration j’ai choisi de la faire en réalité virtuelle.

Je m’explique.

Je porte un casque de VR devant vous et ma vision vous est retransmise sur grand écran. Dans cet espace virtuel j’ai rassemblé des éléments glanés lors de mes rencontres (ici une image, ici une interview sonore, ici du texte, etc). La vidéoprojection issue de mon casque est aussi entrecoupée par d’autres contenus, autant de supports de mon fil de pensées (cartes mentales, cartes géographiques, photos, textes, etc).

Cet environnement numérique duquel j’interroge notre solastalgie est à la fois un lieu pour m’échapper de la réalité (la fuir ?), mais également un moyen de me « cacher » de vous pour travailler une partition plus intime dans l’écriture (on cache pour mieux montrer parfois). Il est également la métaphore de nos paradoxes. Nous ne pouvons plus nier les dérèglements qui touchent nos territoires et environnements, et malgré cela, nous changeons si peu. Avec un casque de réalité virtuelle sur les yeux, il est si facile de se prendre un mur bien réel.

Le podcast + -

Infos:
Création : avril 2024 / Durée : 1h / Tout public & tout terrain
Distribution:
Idée originale et performance : Raphaël Gouisset / Regards extérieurs : Valérie Cordy et Emilie Birraux / Création lumières : Jacques-Benoît Dardant / Régie générale : Jacques-Benoït Dardant ou Pauline Millet / Développement et soutien VR : Antoine Vanel (Blindsp0t) / Création ambiance musicale : Damien Brégère
Production et diffusion:
✉️ Emilie Briglia
Dossier de production:
📄 PDF
Aide à la production:
Région Auvergne Rhône-Alpes, Ville de Villeurbanne
Coproductions et soutiens:
Maif Social Club Paris, Château de Goutelas, Lieu Multiple Espace Mendès France Poitiers, la Fabrique de Théâtre (SPAS Hainaut, Belgique), La Fruitière Numérique Lourmarin, Comité Local de Santé Mental de Bron-Villeurbanne, en cours
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